Note sur l’équipe artistique
» Les acteurs, en tant qu’individus et donc « interprètes » de leur vie, ont une place prépondérante dans la genèse de ce type de travail. Et je ne peux pas me passer de ces rencontres singulières.
Ce qu’ils sont est la base de l’envol.
Et plus on avance dans le processus, plus ils deviennent irremplaçables.
L’être semble même dépasser l’idée de la simple représentation, de l’acte à montrer. Il devient la palpitation de ce qui s’échange et un dialogue semble à tout moment possible avec les individus constituant le public.
Cinq acteurs très différents sur le plateau. Très polyvalents aussi.
Les voix seront en permanence amplifiées, travaillées ou non, pour ouvrir des espaces, permettre le « cinéma » de celles-ci et l’intimité profonde des murmures.
La bande-son sera donc réalisée en direct. »
Christophe Piret
Note sur l’écriture du spectacle
« Les premiers textes amenés sur le plateau sont des matières pour les laboratoires, des premières pistes pour de futures dérives. Je n’aime pas les textes trop pré-écrits au théâtre, je les ressens comme un handicap au processus, des empêcheurs de vies à naître sur le plateau. Quand les pages de l’auteur sont données comme matière première, voire comme matière essentielle, voire comme fondement même de l’acte, voire comme l’essence incontournable du mouvement des acteurs et de « l’écriture » d’un spectacle, on aura tendance à vouloir « réaliser » les histoires plutôt qu’à les engendrer dans la réalité et le temps singuliers de la scène. On risque de courir après des personnages au lieu de chercher les êtres que sont les acteurs et inventer les histoires uniques et irremplaçables qu’ils peuvent vivre. Ce sont ces histoires d’êtres sur un plateau qui m’intéressent. Et comme dans la vie, elles naissent avec eux et meurent avec eux. Encore une fois, un personnage est remplaçable, un acteur qui joue un personnage est remplaçable, mais un être acteur d’une histoire qu’il écrit parce que « ce temps-là » parce que « l’autre-là », parce qu’aucun costume préexistant, devient irremplaçable. S’il disparaît l’histoire meurt. S’il s’absente l’histoire s’absente. Ou une autre s’écrit. Et la dramaturgie s’invente en faisant le chemin. »



