Aborder des œuvres du répertoire, des œuvres oubliées, des créations contemporaines, des textes poétiques ou prosaïques, pour un théâtre ouvert à toute forme de langage. Se mettre en lien avec des musiciens, des danseurs, des chanteurs, des plasticiens pour un théâtre dialoguant et se nourrissant des autres disciplines. Questionner la manière dont on s’adresse au public et dont on le rencontre, pour renouveler sa manière de percevoir un acte théâtral. Inventer des modes de production et de financement qui nous permettent d’échapper au consensus culturel. Questionner enfin la manière concrète dont on fait du théâtre, pour affirmer sa dimension vivante, surprenante et émouvante.
« Acteurs, danseurs, chanteurs, musiciens, spectateurs, nous partageons dans ce spectacle un même espace, celui de la scène. Et nous nous retrouvons ensemble sur des bancs en bois, dans une ambiance chaleureuse, comme au fond des tavernes irlandaises.
En prenant les allures d’un cabaret, ce spectacle puise dans les anciennes légendes, dans les musiques et dans les danses populaires qui font le charme de l’Irlande. Puis réveillant le souvenir des batailles perdues, des femmes violentées, des combattants assassinés, il met au cœur de la soirée une mémoire sanglante et douloureuse, qui marque en profondeur l’histoire du pays.
Avec cette pièce énigmatique, Yeats permettait à ses compatriotes d’interroger et d’évoquer ensemble leur histoire nationale – leur donnant le sentiment d’appartenir à une nation ancienne et nourrissant leur profonde révolte contre l’occupation anglaise.
Nous ne pouvons pas toujours entendre, nous français, les références politiques ou historiques qui circulent de manière tacite dans cette pièce. Mais nous percevons en revanche de manière flagrante cet engagement des corps sur la scène – jouer, danser, chanter, ça devient ici un acte politique qui nous met en danger. »
Eram Sobhani



