Grands Défilés est un diptyque de théâtre musical pour une majorette, un chef de fanfare qui joue légèrement faux, un serpent baroque, une chanteuse lyrique et un dispositif électroacoustique. Jouées simultanément, les deux parties relatent en musique et en mots la même journée, racontée de deux points de vue différents. Préfère-t-on son propre souvenir ou celui que l’on nous a raconté ?
S’inspirant de la messe des morts, d’un concours de fanfares, d’un paquet de cacahuètes, de la suite française et d’un lot de diapositives jaunies, les interprètes – dont la mémoire oscille entre moments vécus et passé inventé – tentent en vain d’accorder leurs souvenirs. Le public sera invité à changer son point de vue à la mi-temps, à se déplacer dans l’envers du décor.
Grands Défilés est une pièce au sens musical du terme.
La partition redynamise la dramaturgie sous forme de cartes postales musicales qui incarnent un panel d’expressions en lambeaux. Volontairement statiques, ces cartes postales laissent entrevoir quelques traces et autres ombres portées, comme autant de résidus d’une akinétopsie sonore. L’auditeur est donc invité à se frayer un chemin particulier au milieu de ces petites briques d’histoires et de sons, et à résoudre – ou non – les paradoxes de cet anti-conte musical.
La volonté de la barque (théâtre&musique) est de faire entendre une musique théâtrale créée par et pour le plateau, indissociable de la voix parlée ou chantée, accompagnant le mouvement et la parole. La compagnie défend le terme théâtre musical non pas comme une forme spectaculaire en soi mais comme une méthode de travail, un processus de création basé sur l’agencement et le croisement de multiples matériaux (musique, littérature, corporalité, cinéma…) Le théâtre musical comme une forme d’organisation dramaturgique.



