Après l’Italie, la Belgique, l’Allemagne, la Russie… l’Oiseau-Mouche.
Je retrouve son peuple. L’endroit de ce peuple. Avec évidence.
Les acteurs de cette compagnie sont un monde.
Ce sont des vies installées à un endroit devenu monde.
J’ai la sensation d’un peuple en marche qui s’est arrêté quelque part pour bâtir.
Et construire une langue propre pour une union sacrée. Avec toutes les difficultés ordinaires et extraordinaires que rencontre un peuple qui veut se construire.
Ils sont mes voisins.
Avec cinq d’entre eux, nous avons décidé de nous bâtir un voyage.
De sauter par la fenêtre pour passer des frontières. Nous avons beaucoup parlé de nos vies, des endroits par où nous parviennent les rires, des endroits par où nous sont venues les blessures, des endroits de nos désirs et des endroits des anges qui passent. Et nous avons rêvé à des « moyens de transports ».
A des jeux qui donnent de l’air et des routes ouvertes.
Nous avons eu envie d’inventer notre nouvelle maison de A jusqu’à Z.
De la bâtir avec des « matériaux récupérés ». D’en recréer les sens et les fonctions.
De nous amuser des bric-à-brac de nos vies en toute liberté.
(Thierry) Avoir une peau de chien noir. Avec des poils doux et lisses. C’est fait pour les caresses les peaux de chiens noirs. Je veux être un chien noir bleu. Pour sentir toutes les mains qui caressent les chiens noirs bleus. Je veux plein de caresses en dessous du cou.
(…) Un jour je serai une vieille grand-mère ridée. C’est comme ça. On devient toujours des vieilles grands-mères ridées. Des Indiennes sous la pluie.
(Florence) Dans ma maison. Commencer par de la douceur. Donc commencer par du chocolat. Par une odeur qui donne du calme. Qui te fait oublier les os qui se tordent.
Il y a des odeurs qui soignent les douleurs.



